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Parce que la jeunesse incarne l'insoumission et l'insolence, parce que ce monde n'exhibe que peine, rage et violence.

Parce que nous sommes "novices et puérils" parce qu'ils sont froids, experts et vils.

Parce que nous espérons l'avenir sans haine, parce que sans amour ils l'apprennent, parce que nous sommes de la mauvaise graine.

 

Affaire Théo / Bobigny : Une justice trop laxiste?

 Alors que les manifestations lycéennes contre les violences policières se poursuivent en région parisienne, nous entamons la seconde partie de notre thème. Dans l'article précédent, que je vous invite à regarder en préambule si ce n'est pas déjà fait, nous nous interrogions sur la violence excessive des quartiers difficiles en France. Deux camps qui n'arrivent plus à s'entendre à besoin d'un médiateur, d'un arbitre, d'un juge.. d'un miracle? Mais certainement pas d'un mirage. 

 

Forever young

 

Comment empêcher ces débordements, ces bavures policières? Comment désamorcer les provocations qui les déclenchent? Que l'on s'entende bien, derrière chaque acte malveillant se cache l'humain qui en est responsable. J'insiste sur le mot "humain". Cela signifie par définition que nous pouvons fauter. Néanmoins, lorsque c'est le cas et ce depuis fort longtemps, nous nous préparons à en assumer les conséquences, les éventuelles sanctions.

 

Depuis tout petit on nous éduque de la façon suivante: la bêtise entraîne la punition qui nous dissuade de recommencer. En amont, l'on privilégie généralement la prévention, celle qui nous conduira inexorablement à commettre l'infraction dès lors que le risque nous paraîtra acceptable. Vous me suivez? Transposons désormais ce modèle d'éducation banal à la situation actuelle, celle que nous connaissons au sein des quartiers prioritaires. Il existe évidemment de nombreux autres facteurs à prendre en compte mais concentrons-nous d'abord sur ces deux phénomènes en particulier : la prévention et la dissuasion.

 

 La prévention

 

La première est en général prônée par les intellectuels puisqu'elle ne repose pas sur la menace, connotée négativement, mais sur la stimulation émotionnelle, connotée positivement. Cette idée progressiste était d'abord la mienne, en effet si tous les êtres humains pouvaient s'appréhender, se respecter et ne jamais se taper dessus quel pied ce serait. Quelle utopie futile, quelle utopie fut-elle. 

 

Boire ou conduire, il faut choisir? Tout le monde sait que l'alcool au volant est dangereux pour vous et les autres usagers, mais alors pourquoi celui-ci demeure la 2ème cause de mortalité routière? Etrangement l'argument "si je croise les flics" paraît beaucoup plus efficace dans l'esprit de l'homme saoul, "si je me fais gauler j'suis mort". Mettez des policiers à tous les coins de rue et observez le résultat.

 

Pour être franc, je n'ai jamais plébiscité les campagnes de prévention quelles que soient leur cause ou leur objectif. Elles sont fades, extrapolées ou inexactes qu'importe elles ne m'ont jamais touché. Je ne pense pas être le seul dans cette situation, la prévention est un faire valoir pour donner bonne conscience à celui ou celle qui la met en place.

L'Homme est un âne qui ne connaît que la carotte et le bâton.

Mieux vaut prévenir que guérir ouais, mieux vaut en rire qu'en mourir. 

 

La dissuasion 

 

Passons désormais à la dissuasion, l'exemple précédent n'est pas le seul loin de là. Si tu fumes cette cigarette t'es mort, si tu traverses ce trottoir t'es fauché, si tu paries sur ce match t'es ruiné, si tu couches avec cette fille t'es padré. Désolé pour cette dernière mais je pense que vous saisissez mon propos, en fin de compte l'unique solution pour mettre fin à cette violence omniprésente se situe au coeur de la dissuasion. Le système n'effraie plus personne, les petits voyous font ce qu'ils veulent puisqu'ils ne seront jamais condamnés. 

 

Je me suis efforcé de contourner l'utilisation des chiffres concernant la réalité carcérale car ils sont à manier avec bien trop de précautions. En effet Laurent Obertone, auteur très controversé de "la France orange mécanique" s'est heurté à la difficulté de manipuler les nombres afin de défendre une thèse. J'éviterai donc ce piège tout en rappelant cette seule et unique situation révélatrice d'un constat global: 53 000 places de prison, 67 000 détenus. 82 000 peines non exécutées faute de place en France. Condamnation ou relaxe, ces jeunes ne feront jamais de prisons et auront tout le loisir de récidiver.

 

Pour les plus courageux, voici quelques explications concernant cette dramatique situation: http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/06/21/pourquoi-les-peines-de-prison-effectuees-sont-elles-differentes-de-celles-prononcees_4955207_4355770.html

 

 

 

Cette affaire ne vous dit peut-être rien mais demeure très riche et révélatrice d'un système judiciaire en perdition. Rien n'est laissé au hasard, il s'agit d'une polémique vieille de 6 ans ayant eu lieu à Bobigny. Cela ne vous rappelle rien?

 

"Le tribunal correctionnel de Bobigny a rendu sa décision ce jeudi : deux policiers ont été jugés coupables de violences, et condamnés à quatre mois de prison avec sursis, ainsi qu’à verser 3 600 euros de dommages et intérêts à leur victime, Abdoulaye Fofana. Ils l’avaient frappé à quatre reprises alors qu’il était menotté."

 

Une bavure propre, filmée. Trois policiers (l'un a préféré s'abstenir) contre un étudiant de 20 ans, menotté, frappé et au final... rien. Ils n'iront jamais en prison et continueront d'exercer en toute impunité. Après réflexion je me dis que, peut-être, avec deux ou trois coups de poing supplémentaires le président de l'époque leur aurait sûrement remis la légion d'honneur pour avoir tapé du nègre de banlieue. Qui sait? Je ne fais pas de différence entre la racaille policière et celle des quartiers, ces actes intolérables n'ont pas eu le jugement qu'ils méritaient. Mais cette histoire ne s'arrête pas là, le meilleur reste à venir.

 

"Deux mois plus tard, un épisode rarissime se produit : alors qu’Abdoulaye Fofana doit être jugé pour ses violences présumées contre les policiers, le procureur de Bobigny fait une annonce contrite au début de l’audience : le dossier a disparu ! Il sera retrouvé, mais les poursuites contre Fofana seront abandonnées."

 

Un dossier qui disparaît ça arrive, ne lui jetez pas la pierre. Rocambolesque mais réelle, cette affaire nous rappelle que la justice n'est pas la même pour tout le monde.

 

En conclusion de cet article il me semble important de pointer du doigt la 3e courbe de l'équation, celle du système censé préserver les intérêts du pays et du peuple qui l'occupe. Or forcé de reconnaître que ce n'est plus le cas, les intellectuels ont jugé bon de déblatérer leurs jolis discours humanistes sur les vertus de la prévention, de la réinsertion et de tous ces formidables outils qui ont ligoté au fil des années toutes formes de dissuasion. L'homme est un animal sauvage que l'on a difficilement réussi à apprivoiser. Les loups solitaires forment des meutes et les moutons restent des proies quand la justice ne fait pas le poids. 

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